L’hospitalisation

Donc j’arrive au CHU d’Hautepierre au service de réanimation où l’on m’intube et me branche sur des machines pour que j’arrive à respirer et qu’ils puissent surveiller mon coeur. J’ai également été transfusé à deux reprises car j’avais perdu trop de sang. Et en passant, j’ai choppé un staphylocoque doré !!! J’y reste pendant un mois avec des visites chronométrées, pas plus de deux personnes à la fois. Je m’excuse pour les personnes qui sont venues me voir à cette période là, je ne m’en souviens plus, j’étais conscient mais “ailleurs”, ce n’était pas le vrai “moi”.

Il n’y a que les personnes de mon entourage qui peuvent me raconter ce qu’il s’est vraiment passé. Entre les différents moments où j’essayais de m’échapper des services dans lesquels j’étais enfermé et ceux où ils durent m’attacher à mon lit, je ne me rendais pas compte de mes blessures à ce moment là. Ma hanche était fracturée avec des broches en travers et il m’était impossible de marcher, il fallait attendre la consolidation des os avant de pouvoir me lever. Suite au traumatisme crânien, je racontais n’importe quoi, je disais dix fois la même chose et oubliais ce que je venais de dire. C’était le plus difficile à accepter pour la famille.

Ce sont également enchaînées plusieurs autres opérations. Le médecin qui a opéré ma hanche et le cotyle a fait le maximum et a réussi tant bien que mal à ré assembler tous les morceaux. Ce ré-assemblage à été possible grâce à un fixateur externe et grâce à une deuxième opération où l’on a utilisé des plaques. Ensuite il s’est attaqué à l’opération de l’avant bras ou les deux os étaient fracturés. Quelques mois de rééducation plus tard j’ai pu me faire opérer de mon bras paralysé. Je suis resté dix heures dans la salle d’opération où a été tenté une opération délicate : celle du plexus brachial pour essayer de reconnecter deux nerfs, mais la re-connection d’un seul nerf a seulement été possible. D’autres opérations suivront encore mais les médecins préfèrent attendre avant de poursuivre.

En attendant, j’ai des douleurs neurologiques qui font extrêmement mal. Pendant la repousse des nerfs, des informations de douleurs sont envoyées à mon cerveau et sont interprétées comme des décharges électriques ou des brûlures. Tout cela parce que les nerfs ne sont plus connectés. Et c’est fatiguant, tous les jours, sans relâche sauf quand elles me laissent dormir un petit peu. C’est usant à la longue. Même si je prends des médicaments deux fois par jour (Lyrica 300mg + laroxyl pour dormir). En plus, ce qui m’énerve davantage, c’est que malgré la prise des médicaments les douleurs sont quand même là, c’est parfois la petite goutte qui fait déborder le vase.

Drézotomie :

Au bout d’un moment, j’avais tellement mal au quotidien que j’ai décidé de faire une drézotomie pour que ces douleurs cessent ou disparaissent. Le risque était d’être plus paralysé mais les douleurs me rendaient la vie invivable. Donc c’était reparti pour douze heures d’anesthésie et une opération où ont été cautérisé le reste des terminaisons nerveuse qui envoyaient ces douleurs au cerveau. Celle-ci c’est passé à Bron et a été faite par le Professeur Marc Sindou. Une des opérations les plus douloureuse, à l’arrière de la tête on vous « ouvre » quinze centimètres, on vous tire et écartent tous les muscles pour dégager le chemin et accéder à la moelle épinière pour brûler les terminaisons nerveuses douloureuses au microscope. Après onze heures on vous remet tout en place, tout est suturé et le temps de la cicatrisation vous portez une minerve jours et nuits et devez rester sur le dos. Après un jour on vous arrête la morphine, jusque là tout allait bien mais c’est à ce moment qu’on commence à avoir très mal, en plus d’être couché et le plus figé possible vous êtes en appui continu sur la cicatrice. Les douleurs ressentis ne sont pas comparable à quelque chose qu’on connaît !!! Même des douleurs très fortes sont de la rigolade à côté de celle enduré par cette opération. Ensuite direction vers un centre de rééducation pour enlever progressivement cette minerve et pas faire de mauvais mouvement. Opération réussie pour moi, j’ai encore quelques douleurs aujourd’hui, mais depuis 2010 je ne prends plus de lyrica 300 mg et de laroxyl. Je me sens beaucoup mieux, ce genre de traitement est tellement lourd que ça vous change une personnalité. Ce qui m’étonne c’est qu’on autorise les gens à conduire avec ce traitement. Par moment vous êtes « ailleurs », à « deux de tension » et quand il faut être « présent » et « conscient » je trouve que ça ne va pas bien ensemble.

Sécurité routière BBR

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